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Voici le récit de cette épreuve sportive, de ma première course: J’ai commencé la journée du 14 octobre en me levant à 5h50 du matin, j’ai mangé 1/3 de cake glucidique Overstim’s, il s’agit d’un gâteau énergétique spécialement élaboré pour réduire au maximum l’effort digestif. J’ai fait ce repas 4h avant la course et j’ai bu de l’eau avec de l’Hydrixir, une boisson qui recharge les réserves de glycogène, j’en avais déjà bu les 2 jours précédent l’épreuve.
Vers 6h30, je suis sorti pour m’échauffer, j’ai couru 2 km à un rythme très lent et j’ai fait une longue série d’étirements. Ensuite j’ai pris une douche et je me suis préparé. A 8h20, Yann et moi sommes parti au Trocadéro, le départ de la course était sur le pont d’Iena face à la tour Eiffel. Le métro était plein de coureurs avec reconnaissable à leur dossard des 20 Km.
Vers 9h30 je me suis placé dans le peloton, il y avait déjà beaucoup de coureurs. Gueorgui est arrivé, il a fait quelques photos, puis c’était le moment du départ. Je n’étais pas du tout stressé, je ne savais pas comment j’appréhenderais le fait d’être entouré d’autant de monde, mais j’étais zen, je me sentais parfaitement bien, près à partir, mais j’avais très envi de me soulager la vessie.
J’ai allumé mon iPod pendant les premiers mètres de course et c’était parti. Après avoir passé la ligne de départ, j’étais enfermé dans un pack très compact qui n'avançait pas et il était très difficile de dépasser. Après à peine 3 minutes de course je vois du coté de la route des coureurs en train de se soulager, je me suis dis que c’était le moment ou jamais, j’en ai alors profité sans hésiter. J’ai vite rejoins le peloton et pendant 2 km j’ai longé le côté gauche pour dépasser le pack de coureurs lents, ça me gênait beaucoup d’être enfermé comme ça et d’avoir une foulée en retenu, j’avais peur que ça dure pendant toute la course.Mais dès l’entrée au bois de Boulogne c’était comme si tout s’éclaircissait, j’avais toute la place qu’il me fallait et j’étais parmi des coureurs de même niveau que moi. C’était très agréable, il faisait super beau, le paysage était magnifique, j’étais en super forme et dans mon casque j’avais le live de Green Day à Bochum qui commençait, des riffs de guitare qui ont provoqué en moi une incroyable montée d'adrénaline. Je voulais profiter de cette forme qui est inhabituelle chez moi. Généralement je mets très longtemps à me chauffer et ensuite je peux finir sur des sprints, mais là, dès le départ j’avais la grande forme, c’était clairement du à ma préparation d’avant course vraiment efficace.
En passant par le bois de Boulogne, j’ai pu observer ce qui le rend si célèbre à savoir les péripatéticiennes. Elles étaient exactement comme on les imaginent, le cliché total, la mini-jupe, les bas, le sac à main, assez repoussantes. Elles nous encourageaient en secouant leurs poitrines. Je ne pensais pas qu’elles travaillaient à cette heure là (environ 9h30).
La course continuait, je savais que j’étais un peu au-dessus de mon rythme d'entrainement, cependant ma respiration était parfaite donc j’ai décidé de continuer à cette vitesse. Sur le bord de la route au bois de Boulogne, énormément de coureurs allaient se soulager, j’étais bien content de l’avoir fait dès le début. C’est là-bas aussi que j’ai vécu mon premier ravitaillement, j’ai attrapé à pleine vitesse une bouteille d’eau qu’on me tendait, il y avait aussi des quartiers d’orange et du sucre, mais j’avais sur moi des gels énergétiques.
Tout au long du parcours il y avait de l’animation, beaucoup de musiciens, d’orchestres, des mecs sur des échasses. Le retour sur Paris marquait la dernière phase de la course sur les quais de Seine. Je savais par rapport aux bornes kilométriques et à la musique dans mon casque que j’étais en avance par rapport à mes objectifs, mais je commençais à me demander si je pouvais tenir la vitesse jusqu’à la fin. Je ne voulais rien lâcher, je me disais que mon corps me le ferais savoir si je lui en demandais trop. Aussi, il me restait un gel énergétique, que je compare à des haricots magique, bien que l’effet ne soit pas aussi efficace.
Sur les quais de Seine, la chaussée était moins large, donc le peloton était plus regroupé, c’est un peu plus gênant pour courir. Il y avait énormément de monde qui nous encourageait, les gens étaient très chaleureux. Au kilomètre 15 il y a eu le dernier ravitaillement, juste avant le pont de l’Alma. Il me restait 5 km, c’était rien mais je commençais à faire les frais de mon rythme soutenu mais j’essayais de penser à autre chose, de visualiser des moments d'entrainements beaucoup plus dures: des longues montées de souffrance, un footing dans le désert au Parc naturel de Red Rocks près de Las Vegas.
Après avoir tenu aussi longtemps je ne pouvais pas me permettre de baisser mon rythme. Derrière certains coureurs commençaient à produire un effort de fin course à 3 km de l'arrivée, je produisais également quelques petites accélérations pour en dépasser d’autres qui me gênaient, un peu comme en début de course.
A 2 kilomètres de la fin, le peloton augmentait son agitation et moi je commençais mon agonie, je me disais que dans moins de 10 minutes tout serait fini, que ce n’était pas le moment de lâcher, j’ai donc tenu le choc mais je savais qu’il était impossible pour moi de produire le sprint du dernier kilomètre comme je l’avais prévu dans mon plan de course.
En passant l’arche du dernier kilomètre je savais qu'il n'y en avait plus que pour une poignée de seconde, qu’après une chanson de ma playlist ce serait fini, j’avais mis “Hysteria” de Muse, puisque cette chanson colle tout à fait au contexte de par la souffrance et la lutte finale qu’elle exprime.
Je voyais la ligne d’arrivée, énormément de photographes devant nous, je ne pouvais pas sprinter, mais j’ai tenu la vitesse. J’ai passé la ligne et d’un coup, au moment de l’arrêt, mes jambes se sont figées, comme paralysées, je pouvais à peine marcher. On nous a tendu un sachet avec une pomme et des gâteaux ainsi qu’une bouteille d’eau, je n’avais pas la force de manger, même boire était difficile. On a reçu également notre médaille. Je voulais faire des étirements pour éliminer l’acide lactique de mes muscles mais il y avait tellement de monde qu’il était difficile de se déplacer.
Je me suis mis à la recherche de Yann et Gueorgui à qui je n’avais pas donné de point de rendez-vous. C’était la panique, je n’arrivais pas à les trouver et je n’avais aucun moyen pour les contacter. Yann avait toutes mes affaires, mon téléphone.
Après une demi-heure de recherche infructueuse j’ai décidé de retourner à l’endroit où j’ai commencé la course sur le pont d’Iena, là où on s’était quitté, en espérant qu’ils aient la même idée. Ils n’étaient pas là mais j’ai profité du rebord du pont pour faire des étirements, il était plus que temps, même un peu trop tard, mais ça m’a fait beaucoup de bien.
Là, le miracle s’est produit, Yann m’a tapé sur l’épaule, il m’avait retrouvé, Albana lui avait suggéré par téléphone l’idée de retourner au point de départ, c’est ce qu’on appelle l’intuition féminine. Je leur ai alors livré à chaud mes premières impressions sur la course. C’est ainsi que s’est achevée cette matinée sportive.
Je suis très satisfait de mon résultat et du fait de n’avoir ressenti aucun stress avant et pendant la course. Je n’aurais sans doute pas pu faire un meilleur temps, mais peut-être pu gérer ma course un peu mieux, en allant moins vite sur l’ensemble du parcours et en produisant un effort plus important sur les 3 derniers kilomètres.
C’était une expérience très enrichissante que je vais probablement renouveler, ça m’a permit de comprendre que le marathon n’était pas du tout à ma portée pour l’instant mais j’ai envi de m’essayer à des courses de 10 Kilomètres. Pour tout cela, je dois beaucoup à mon ami Graham qui vit à Los Angeles et qui participe à des course de type Ironman, c’est lui qui m’a encouragé à m'entrainer, m’a dit que j’avais du potentiel et que je devais m’essayer à des courses, thank you so much Graham! Merci aussi à Gueorgui et Yann pour les photos et pour être venu me soutenir!